L’abbaye de Pessan d’après l’inventaire de 1790

L’Assemblée Constituante, par le décret du 2 novembre 1789, avait nationalisé les biens de l’Eglise. Leur vente devait donc fournir aux communes, à la Nation un apport financier non négligeable. Mais encore fallait-il estimer leur valeur. C’est à cette fin que les Conseils municipaux étaient invités à se réunir.

A Pessan le Conseil se réunit le 16 août 1790 pour estimer les biens des chanoines, qui consistaient essentiellement en cinq métairies. Puis, le 30 novembre, le maire, le procureur de la commune et un conseiller municipal se rendirent à l’abbaye pour y inventorier « les meubles et les effets du cy-devant chapitre de Pessan », c’est-à-dire les objets du culte, les vêtements sacerdotaux et les documents administratifs (en 1790, l’abbaye n’existait plus depuis 42 ans, mais cela importe peu pour l’inventaire puisque les biens de l’Eglise n’avaient fait que passer des mains des moines à celles des chanoines).
Ils allaient trouver dans la salle capitulaire, enfermés dans un coffre et dans une armoire, de nombreuses liasses de documents divers, la Règle de St-Benoît en latin, un martyrologe, trois livres de quêtes, sept antiphonaires, la bulle de sécularisation du pape Benoît XIV, un « cartulaire long » etc. etc.
La bulle du pape et le cartulaire ont disparu. Mais une copie du cartulaire, un « vidimus,» daté de 1357 a été retrouvé en 1969. Il compte 35 chartes de donation, la plupart rédigée selon un même schéma : nom du donateur, du donataire (l’abbaye St-Michel), la description sommaire du bien, une malédiction pour les descendants du donateur qui contesterait la donation, et la signature des témoins souvent prestigieux comme St-Austinde, archevêque d’Auch ou Bernard, comte d’Astarac.
La visite avait commencé par la sacristie où furent inventoriés des objets du culte et des vêtements sacerdotaux en grand nombre. D’autres vêtements furent trouvés aussi dans le choeur de l’église, ce qui laisse supposer qu’il devait y avoir un meuble, une armoire pour les abriter. Le choeur était d’ailleurs très différent de celui d’aujourd’hui : il n’y avait pas de vitraux, pas de stalles et pas l’autel que nous connaissons.
L’inventaire se termina par la visite de la cave (tinal) qui abritait pour l’essentiel 40 comportes et 7 tonneaux.
La conférence a été illustrée par un diaporama qui a montré notamment des pages du cartulaire et de l’inventaire de 1790, ainsi que les habits sacerdotaux qui sont toujours conservés dans l’église.

Hervé Alvado