Les stalles

Les stalles de l’abbatiale St Michel de Pessan : Renaissance ou Moyen-Age ?

Les éléments suivants sont tirés du document cité ci-dessus.
Il en ressort qu’un ensemble de 36 stalles aurait pu été ordonné vers 1350 par Raymond IV de Roffiac, abbé de Pessan, pour le choeur de l’abbatiale dont les travaux de reconstruction, après l’incendie de 1250, viennent de s’achever.
Dans le même temps, ce moine de Simorre, aurait pu avoir joué un rôle dans la commande d’un deuxième exemplaire similaire installé dans l’abbatiale de Simorre, pour laquelle il vient de financer la construction de la chapelle Ste Dode (l’abbatiale de Simorre achève également de gros travaux de reconstruction).

deux dragons cynocéphales se tenant par la queue
deux dragons cynocéphales se tenant par la queue

A la Renaissance (entre 1514 et 1534), les éléments encore en bon état de ces deux ensembles auraient été réunis et placés sur une tribune au fond de la nef de Pessan par l’abbé commendataire Jean IV de La Rocan.
L’abbé Gabent, curé de Pessan jusqu’en 1906, réinstallera dans le choeur 18 stalles en 1872/1876, et réduira la taille de la tribune où restent aujourd’hui treize stalles.

moine lisant
moine lisant

L’assemblage d’éléments de ces deux ensembles à la Renaissance n’a été rendu possible :
qu’en raison de la grande similitude des deux groupes de stalles ;
de la très grande proximité des deux abbayes d’obédience ancienne qui échangent à tous les niveaux et se soutiennent depuis des siècles ;
du choix de Simorre en 1492 de se doter de stalles neuves installées sur une tribune ;
Les stalles de Pessan seraient donc devenues à la Renaissance « un ensemble composite » témoin des effets sur une communauté monastique du « passage en commende ».

De la Renaissance à 1872, de nouvelles détériorations vont affecter les stalles de la tribune faisant que, seule, la moitié d’entre-elles seront redescendues dans le choeur.

Si notre hypothèse se vérifie, les stalles, aujourd’hui dans le choeur de Pessan, seraient constituées d’une proportion importante d’éléments provenant de l’abbaye de Simorre, et seraient pour l’essentiel du XIVè.

Conçus et réalisés à l’apogée des deux abbayes, ce qui reste de ces deux ensembles est réuni au XVIè sur la tribune de Pessan. Cette opération serait le dernier grand chantier entrepris par la communauté bénédictine de Pessan avant sa sécularisation en 1748./.
Pierre Seillan